Mon parcours

Histoire de rencontres…

Tout a commencé en 1998… Du haut de mes 11 ans, je rencontrais celui qui deviendra quelques temps plus tard le cheval de ma vie. Petit cheval de club battu sous mes yeux d’enfants, terrifié, tremblant, nerveux mais si résigné à subir les lubies de ses cavaliers, Jocker, mon grand Amour, s’est peu à peu laissé apprivoiser. Au fil des années, c’est un lien inaltérable et d’une force hors du commun qui s’est tissé entre nous. Le petit cheval aux crises de violence intenses qu’il était lorsqu’on le braquait (ce qui arrivait à chaque fois qu’on tentait de le forcer à quoique ce soit) s’est peu à peu transformé un une montagne de tendresse et de gentillesse, d’accord pour tout pourvu que je lui demande avec politesse et douceur, d’accord pour tout pourvu que je sois là. Ainsi a débuté une immense histoire d’Amour qui dure depuis un peu plus de 20 ans maintenant, dont 14 années depuis que je l’ai racheté, « au prix de la viande ».

 

Par la suite, il y a quelques temps de cela, j’adoptais, via une association de protection animale, une petite chienne de 6 mois, craintive et maigre à faire peur, avec ces grands yeux pleins d’histoires muettes qu’ont les chiens au passé douloureux. Elle était terriblement stressée en permanence, et malgré mon application à faire comme on le disait dans les livres sur l’éducation des chiens, rien ne s’arrangeait. Destructions, vocalises, malpropreté, et quand j’essayais le rappel, soit elle tournait à fond les ballons en courant autour de moi, soit elle se sauvait ventre à terre dans la direction opposée… Non seulement ça ne s’arrangeait pas, mais en plus, cela empirait. Cette adoption, qui était sensée être un plaisir, virait au calvaire.

J’ai décidé de changer radicalement d’approche et de me renseigner sur une autre façon d’entraîner les chiens. Je me plongeais alors dans l’apprentissage d’un « faire autrement » qui devenait vital pour notre vie quotidienne. En parallèle à la fin de mes études universitaires de Psychologie clinique, je découvrais, de fil en aiguille, l’entraînement en renforcement positif, et, aidée par une connaissance qui m’apprenait en quoi cela consistait, j’ai vu ma chienne se métamorphoser peu à peu, les destructions et les hurlements disparaissant, et de nouveaux apprentissages s’ajoutant encore et encore avec une facilité déconcertante, juste parce qu’elle obtenait ce qu’elle aime par dessus tout, en échange de comportements enseignés de façon claire et compréhensible pour elle, et qu’au final, j’avais repensé toute notre relation.

Fière comme un pape, j’estimais avoir appris bien des choses. La vie était bien facile avec cette petite chienne enjouée devenue si sage et agréable, que je pouvais emmener partout et avec qui je n’avais jamais de souci, maintenant que j’avais appris à faire autrement. L’année suivante, ma mère adoptait sur mes conseils une adorable petite chienne si facile à vivre que c’en était déconcertant.

Encouragée, je décidais de franchir le pas et j’adoptais un deuxième chien, adulte cette fois, convaincue qu’il suffisait de quelques connaissances et de beaucoup d’amour pour rendre n’importe quel chien facile à vivre et heureux. Daïma, alors âgé d’un an, est ainsi arrivé dans ma vie… Et en a fait un cauchemar. En quelques semaines, ce chien avait anéanti mon quotidien, ma vie sociale et ma confiance en moi. Un bloc de dynamite incandescent avec des oreilles et une queue ! Mon chien, celui que j’avais attendu plusieurs mois et en qui j’avais placé de nombreux rêves en terme de relation et d’activités était tout simplement ingérable. Il explosait au moindre bruit, à chaque personne, chaque chien, chaque nouveauté. Je ne pouvais pas le toucher et il ne supportait pas qu’on l’approche dans bien des contextes. Il rampait comme si le sol s’ouvrait dès qu’il changeait de texture, dès qu’un bruit inconnu survenait, et bien d’autres choses encore, si incompatibles avec la vie avec une famille humaine vivant en banlieue parisienne ! Je sentais qu’avec ce chien là, il était tout simplement hors de propos d’utiliser une quelconque forme de contrainte ou de pression, mais aussi qu’il me faudrait bien plus que les quelques connaissances de bases qui m’avaient permis de faire de Chichina un chien agréable à vivre et bien dans ses pattes.

Après avoir écumé la toile à la recherche d’un professionnel qualifié, je constatais avec effroi qu’avec ces chiens là, c’était systématiquement des méthodes basées sur l’utilisation de choses désagréables pour le chien qui étaient proposées. Comment faire avec un chien qui devient hystérique à la moindre pression ? Impossible, à moins de saccager le lien que je construisais avec acharnement en travaillant dans mon coin en attendant de trouver quelqu’un de suffisamment qualifié pour nous venir en aide tout en préservant soigneusement notre relation et le fragile lien de confiance que j’avais bâti à force de travail. Après maintes recherches, j’ai fini par trouver ma perle rare. Une jeune femme douce et d’une immense bienveillance, qui a su traverser les remparts de ma méfiance et me convaincre qu’elle n’abîmerait pas davantage mon chien, qui avait déjà bien assez souffert (j’ai appris par la suite toutes les horreurs que mon chien avait vécu dans son pays d’origine, tant par les humains que par les chiens, ainsi que la maladie qui a laissé des séquelles neurologiques sur toute la fratrie). Après quelques mois de travail, je participais à un séminaire dédié aux chiens agressifs et réactifs et à leur entraînement au clicker, avec Daïma. Ces deux rencontres humaines ont marqué un tournant décisif dans ma vie privée mais aussi professionnelle, puisque suite à ce séminaire, je m’inscrivais à ma première formation professionnelle dans le monde du chien.

Depuis, je n’ai cessé de me former, et c’est devenu mon métier à temps plein.

Je dois bien avouer que je me réjouis à l’idée de l’infinité de choses qu’il reste encore à apprendre dans cet univers qui m’a happé définitivement ♥